Yann Stofer

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Portfolio

2007 - 2026

"And now, we're stopping for lunch"

2025 - 2026

Un dimanche d’août ensoleillé, aux portes de Londres. Au Ham Polo Club, le plus ancien club de la capitale britannique et le seul à se situer intra-muros, le rituel dominical se déploie dans toute sa singularité. Le public est venu nombreux aujourd’hui : les invités du Club House savourent leur privilège, installés autour de tables dressées, champagne et petits fours à portée de main. Mais l’essentiel de la foule s’étire de l’autre côté du terrain, où les coffres de voitures, ouverts comme des loges éphémères, deviennent les points de ralliement de familles et d’amis. Au-delà du match, c’est le public qui compose la véritable scène.

C’est tout un éventail de la société anglaise qui se donne rendez-vous. Les familles avec enfants côtoient des jeunes couples ou des groupes d’amis. Les habitués élégants se mêlent à des spectateurs plus modestes, venus simplement partager un pique-nique au soleil. Chacun a recréé son propre salon à ciel ouvert. Certains étalent des couvertures sur l’herbe, d’autres installent des chaises pliantes. On vient avec son nourrisson, avec son chien. Les paniers en osier voisinent avec les sacs de course Marks & Spencer remplis de chips et de salades toutes prêtes. Les plus prévoyants sortent des plats maison, comme une salade de pommes de terre préparée avec soin. Plus loin, un couple a même dressé un service en porcelaine signé Fortnum & Mason. C’est une version très british du célèbre tableau d’Edouard Manet ‘Le déjeuner sur l’herbe’.

Au centre de cette bande de gazon, une buvette tenue par une jeune fille distribue rafraîchissements et snacks. Tout autour, les conversations s’entremêlent, les rires fusent et le temps semble suspendu. Puis les regards se tournent à nouveau vers le terrain : les chevaux lancés à toute vitesse, les joueurs en action, le maillet frappant la balle, les équipes célébrées par les applaudissements du public, la remise des trophées.

Et quand l’agitation retombe, restent aussi ces détails muets que l’objectif du photographe saisit : un reste de taboulé oublié au fond d’une assiette, un couteau planté dans un morceau de fromage, des gobelets vides alignés comme les témoins d’une fête passée. Autant de petites natures mortes, traces fragiles et intimes de ce partage collectif. Chaque cliché témoigne d’un fragment de vie et l’ensemble compose un tableau bigarré où se mêlent tradition, convivialité et codes sociaux plus ou moins assumés. Un microcosme qui raconte une manière d’être ensemble, entre tradition aristocratique et convivialité populaire, entre spectacle sportif et art de vivre à l’anglaise. Une Angleterre à la fois raffinée et décontractée, snob et populaire, où chacun trouve sa place, côte à côte, le temps d’un pique-nique d’été.

"Dans le sommeil de Harry Crews"

2026

"Tu ne peux pas toujours tuer tout le monde à la fin / Dans le sommeil de Harry Crews" - Éditions LeMégot - Texte de Julien Perez / Photographies de Yann Stofer - Sortie le 6 mai 2026.

Portraits

2007 - 2026

Carte blanche - "Regards sur Lafite"

2024 - 2025

Depuis 1976, le Château Lafite Rothschild perpétue une tradition photographique en invitant de grands noms à porter leur regard sur le domaine, de Willy Ronis à Richard Avedon, en passant par Irving Penn, Robert Doisneau ou Paolo Roversi. Yann Stofer s’inscrit aujourd’hui dans cette lignée prestigieuse. Arrivé à l’automne 2023, lorsque le calme succède aux vendanges, il découvre un territoire familier et pourtant nouveau, où vignes, jardins et marais composent un paysage profondément vivant. Malgré une météo peu clémente, il transforme la lumière difficile et la pluie en sources de poésie, n’hésitant pas à explorer d’autres approches pour révéler la magie des lieux. Guidé par son instinct, Yann Stofer explore Lafite comme un grand reportage, mettant en images le dialogue constant entre l’homme et la nature. De cette immersion, il repart enrichi et épanoui, laissant une série de photographies sensibles qui racontent l’âme du domaine à ceux qui prennent le temps de regarder.

Carte blanche - Jeux Olympiques de Paris

2024

Paris 2024 avait un objectif : révolutionner les Jeux Olympiques et Paralympiques, en métamorphosant le patrimoine parisien en un théâtre sportif à ciel ouvert. Pour l'occasion, Fisheye Manufacture a donné carte blanche à 15 photographes dont Yann Stofer. Le sport ne constituait pas leur domaine de prédilection, mais chacun, à sa manière, a retranscrit avec justesse et poésie les valeurs de l’olympisme et du paralympisme, en saisissant les athlètes à leur pic de sueur, en captant les émotions qui les ont accompagnés dans l’effort, en étant le témoin de la transformation iconique de la capitale française en un lieu de célébration et de joie. Nos quinze auteurs ont rapporté des photos emblématiques.

Carte blanche - Le Saut Hermès

2022

Lorsque Hermès fait appel à Yann Stofer pour une carte blanche à l’occasion du Saut Hermès 2022 au Grand Palais Éphémère, à Paris, le photographe choisit une approche intimiste, loin de la photographie d’équitation classique. Il s’intéresse aux coulisses plutôt qu’à la compétition et pénètre au cœur même de la relation entre le cheval et son groom. Il observe les gestes tendres de celle ou celui qui le prépare, le brosse, tresse sa crinière et le harnache en lui parlant sans cesse. Il s’approche au plus près de l’animal pour saisir des cils aiguisés, un cou tacheté, une crinière en tenture. Les cavaliers sont réduits à des jambes bottées de cuir luisant contre un pelage gris ou un drapé flamboyant ; des têtes bridées entrent dans le cadre contraint de l’objectif, mettant en valeur une animalité domptée. Mieux que tout discours, la netteté des contrastes, la brillance des couleurs et la radicalité des cadrages racontent l’exigence technique et esthétique de l’événement.

Japon

2020 - 2024